SLF;JAQ SFDJF
Posted: July 25th, 2005 | Author: admin | Filed under: expositions | No Comments »Par Emilie Maltaverne,

SLF;JAQ SFDJF, Abyss, pâte à modeler noire, 2003
“Piêces ouvertes ”
“SLF ;JAQ SFDJS “, ainsi elle s’exprime, reprenant la voix du scaphandrier dans Abyss au moment ou il perd conscience devant les créatures des profondeurs. Ce message illisible est reproduit en pâte à modeler sur le mur de l’exposition faisant face aux autres piêces. Il y a là , principalement sortie des profondeurs surréelles, un poulpe noir en wall-drawing , une corde de pendu rose, une flaque d’encre noire, une araignée dont le corps est une chaise de Robin Day réguliêrement percée et dont les pattes sont des tiges de métal brut puis encore d’autres structures zoomorphiques jouant de la dualité entre une armature squelettique solide et des renflements mous en plastique,résine ou moquette. L’illisibilité du message emblématique et itéré dans la salle peut nous conduire à plusieurs pistes d’interrogations concernant le jeune travail d’Emilie M.
Premiêre hypothêse (ou premier jet d’encre) : “SLF ;JAQ SFDJS ” ou comment je m’exprime quand mon larynx est emplie d’oxygêne liquide, que je suis à moins dix milles mêtres de profondeur et que j’aperçois des êtres hybrides luminescents. La voix me manque, ma perception est détraquée, je vis un temps perception délirant. Telle est la situation du regard dans l’espace d’exposition o๠l’enjeu principal est de déconstruire puis de reconstruire le vocabulaire de la sculpture dans des agencements délirants dont les éléments matériels (une chaise par exemple) dénotent une signification nouvelle (le corps d’une araignée) dans la perspective d’une sculpture figurative, pas de psychanalyse de l’araignée ici.
Deuxiême hypothêse (ou 2e jet) : “SLF ; JAQ SFDJS ” désordre linguistique qui inscrit en pâte à modeler questionne un cas limite de la sculpture. Je retiendrais “SF ” et “DJ “, ou comment mixer une science-fiction de la sculpture ;Elle (hypothétique) pourrait dire : “j’habite un épisode de l’histoire dit postmoderne ” puis (encore hypothétique) “mon temps présent est celui du sub-réel “.
Troisiême hypothêse (ou comment confirmer l’effet d’annonce de la seconde) :nous avons postmoderne et subréel. Il s’agit d’y aller “mollo avec le destroy ” comme le dit Jean-Pierre Bacri dans un fameux film de Cédric Klapisch (2). Le post moderne o๠aucune relêve au sens de l’aufhenbung de Hegel ne peut voir le jour mais seule une verwindung au sens heideggérien peut se remettre de la modernité (3) est un temps humain ressenti comme sub-réel. Il s’agit de vivre en dessous du réel moderne pour en fissurer l’aspect compact et introduire dans son histoire une nouvelle réalité qui sera contemporaine sans pour autant être inscrite dans la continuité historique moderne. à€ partir de là les références du travail d’Emilie M ne sont pas des allusions à des histoires de l’art modernes ou contemporaines (elle les balaient par son verbe sans s’y attacher réellement) mais plutà´t des ajointements filamenteux dans un répertoire de formes o๠le surréalisme plastique pointe légêrement.
Comme elle le dit (hypothêse de conclusion) : “les piêces sont ouvertes “en cela que leur jeu consiste avec humour à habiter une post-histoire de l’art qui est sa force coercitive et suréalisante, à la maniêre dont le “bernard l’hermite ” habite un espace qui n’est pas le sien. Cette figure souvent répétée chez Emilie M montre l’espace vacant qu’ il s’agit de sub-réaliser pour faire Å“uvre sans l’histoire.
Benoà®t Maire, juin 2003, Nice.
